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: Ça a dû être difficile de quitter le Tour de France si tôt surtout que vous avez du le préparer depuis plusieurs mois, quelles étaient vos sensations avant le départ ? M.D. : J’étais très bien car après avoir fait 3 ème au Championnat de France sur route en juin, je n’avais aucune appréhension sur ma condition. J’ai effectué 2 mois de préparation, un stage de repérage du parcours avec l’équipe et j’ai ensuite mis en place une préparation individuelle en surveillant de très près mon hygiène alimentaire et mon repos.
: Une préparation seul, pour le Tour de France, cela paraît surprenant ? M.D. : Vous savez, je suis pro depuis 6 ans et j’ai appris à me préparer seul. J’ai eu un très bon préparateur qui m’a appris comment faire pendant les premières années, Frédéric Grappe. La Française des Jeux est une très bonne structure où l’on forme très bien les jeunes coureurs. Je suis entré dans cette équipe à 19 ans, j’étais le plus jeune pro. J’ai gardé les bases, les principes d’une bonne préparation, un programme que je suis. Je connais les efforts à fournir pour le haut niveau.
: Vous avez commencé le vélo à l’Union Cycliste de Montpon, quel fut votre parcours pour devenir professionnel ? M.D.: J’ai commencé le vélo à 14 ans, j’allais souvent voir courir mon père qui évoluait au plus haut niveau amateur. Au début je faisais du foot et du vélo, j’ai dû choisir. Le vélo naturellement car j’ai eu des résultats dès les premières courses. Comme je tournais bien, je suis parti sur l’Entente Sud Gascogne et Yvon Madiot m’a repéré. Il était en charge de la détection pour la « Française des Jeux » dont son frère Marc Madiot était le directeur sportif. J’ai ensuite intégré le groupe et fait mes classes.
: Vous définissez comment votre cyclisme, plutôt baroudeur, grimpeur…. M.D. : Clairement je suis un baroudeur, j’aime les échappées, les courses dures. Je ne grimpe pas trop mal même si ce n’est pas mon point fort. Chez Lotto, on travaille beaucoup pour les sprinteurs. Ce n’est pas ce que je préfère. Surtout après ma chute. Je vais me « calmer » au niveau du risque et moins frotter dans les sprints je pense. Mon rôle d’équipier m’oblige à faire le boulot pour mon leader là où parfois j’aimerais prendre des échappées, mais il faut respecter les plans de courses fixé pour l’équipe.
: Lotto est une grande équipe, quels sont vos objectifs de début de saison, collectifs et personnels ? M.D. : Pour mon équipe, la priorité ce sont les Classiques du Nord avec le Tour des Flandres et Liège – Bastogne – Liège. On a placé Philippe Gilbert à la 3 ème place sur ces 2 courses. Ensuite le « Tour de France » où on veut placer Van Den Broeck dans les 5 premiers. C’est bien parti. La Vuelta fait partie de nos courses importantes mais c’est moins reconnu que le Tour de France en terme d’exposition médiatique, de pression, d’efforts. Pour moi, après ma chute, j’aimerais rouler la Vuelta car cela me prépare bien pour la saison prochaine. Je vais essayer d’être prêt. J’ai déjà fait 2 années le « Tour de France » et enchaîné « la Vuelta ». La Vuelta roule moins vite ca me permettrait de garder la condition.

: Quelles sont vos courses préférées ? M.D. : Le contre la montre n’est pas quelque chose que j’affectionne. J’aime bien les courses d’un jour comme San Sébastian. J’ai fini 3 ème en 2009. L’ambiance y est sympa dans un superbe cadre. J’aime bien sûr le « Tour de France », c’est unique. Mais ma course favorite c’est « Paris –Tours ». Pourquoi ? Pas de raison très précise mais j’y ai toujours bien marché. Si je ne devais pas amener les sprinteurs sur la ligne, j’aurais déjà pu tenter de la gagner. J’ai choisi en quittant la « Français des Jeux » de jouer ce rôle d’équipier, ce sont les consignes. Il faut le faire, c’est beaucoup d’expérience pour plus tard. C’est parfois frustrant de ne pas aller au bout ! Dans l’année je fais en moyenne 12 courses équivalentes à Paris –Tours. Chaque année on passe en moyenne 180 jours hors de la maison pour 100 jours de courses. Cette année encore par exemple je suis allé un mois en Australie pour courir le Tour Down Under, je suis revenu 5 jours et reparti un mois.
: Un moment sans compétition à préparer, que faites-vous ? M.D. : Je m’entraîne quand même tous les jours. Juste après octobre, je prends 3 semaines sans vélo, chez moi, en Périgord, en famille, mais avec quand même de la course à pied et de la musculation. Pendant les fêtes je m’entraîne beaucoup. En octobre, pendant ma coupure, je vais en profiter pour chasser avec mon père et mes oncles, je pêche aussi. Le reste de mon temps, je profite de ma famille et de mes amis. Sortir un peu au restaurant ou faire les boutiques, c’est agréable aussi.
: Si vous deviez donner un conseil aux jeunes cyclistes qui rêvent de faire carrière ? M.D. : Ce qui est très important à mon sens, c’est de ne pas commencer trop tôt. Je pense que 14 ans c’est pas mal. Je leur conseille de découvrir aussi d’autres sports avant, sinon ils vont vite s’écœurer, en avoir marre de faire des entraînements qui deviennent de plus en plus durs. Jeune, il ne faut pas s’entraîner comme un fou, cela vient naturellement avec la progression et les résultats.
PALMARES
2006 – Champion de France de poursuite par équipe. 1er du Tour de l’Avenir. 2008 – 4ème du Tour Down Under – Tour d’Australie. 2009 – 3ème de la Classique San Sebastian. 2010 – 3ème du Championnat de France sur route.
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